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Activités de la commune de Braisnes à usage des habitants et des membres de l'A.S.C.L.B.

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BRAISNES DANS L HISTOIRE

 

Si des fouilles effectuées à Braisnes ont prouvé que l’espèce humaine y était présente depuis l’époque des silex, d’autres recherches ont permis de retrouver la mention de notre village dès l’an 1184, même si au fil des ans, l’orthographe du nom a subi quelques métamorphoses…

Orthographe au cours des siècles :

 

«  Comes Brane, en 1184, charte de l’abbaye de St Martin des Champs (Paris)

«  Brana ou Braina, en 1230, charte du diocèse de Beauvais

«  Brana, en 1320, pouillé de la province ecclésiastique de Reims

«  Braine, vers 1400, cartulaire du prieuré de Choisy-au-Bac

«  Eccl de Brenna au XVème, titre de l’évêché de Beauvais

«  Brene lez Compiègne en 1481, source inconnue

«  Brayne, 1515, document inédit de Victor de Beauville sur la Picardie

«  Braine de 1520 à 1540, titres terriers

«  Braisnes en 1840, titres terriers

«  Bryne, 1520  titres terriers

«  Brennes, 1570, titre terriers

«  Braisnes les Couldun, XVIème , titres terriers

«  Bresne, XVIIème, plan

«  Brayne sous Couldun, XVIème, titres terriers

«  Braine les Coudun XVIIIème

«  Braisnes sur Aronde 1952 INS

 

Après tous ces changements de noms et aussi grâce aux deux « s », le résultat final est que Braisnes n’a pas d’homonymes parmi les villes de France.

 

Extrait d’une notice historique et statistique sur les communes de l’arrondissement de Compiègne par Emile Coët, éditions du Bastion, réédition d’un ouvrage du 19ème siècle :

 

Localité située dans la vallée marécageuse de l’Aronde, cette commune fut réunie à celle de Baugy de 1828 à 1833 ; elle en fut détachée par ordonnance royale.

La terre de Braisnes relevait de la Seigneurie de Coudun, elle appartint d’abord aux sires de Coudun ; puis elle eut pour possesseurs les seigneurs de Rayneval.

Pierre de Wasy, chevalier, possédait un fief à Braisnes qui relevait de Coudun et sur lequel le seigneur de Coudun avait toute justice.

La seigneurie de Braisnes passa aux mains de la maison de Fransures.

Jehan de Fransures, dit Flameng, écuyer, était seigneur de Braisnes ; comme héritier de Karados des Quesnes, le 26 mai 1465, il consentit le legs fait par lui et par sa femme Marie de Quincampoix, à l’abbaye de Corbie en 1413, de la seigneurie de Boulogne-la-Grasse.

Jehan de Fransures,dit le jeune, seigneur de Villers-Tournelles, de Braisnes et autres lieux, fils de Jean dit Le Flament, épousa en premier Marguerite La Boïgue en 1490 et en seconde noces Marguerite de Fontaines en 1525 dont il eut :

ü Philippe de Fransures, écuyer, seigneur de Braisnes, Villers-Tournelles, qui se maria en 1534 avec Jeanne de Billaud.

De ce mariage naquirent :

Louis de Fransures, écuyer, seigneur de la Motte, de Braisnes, qui épousa Adrienne de Goussancourt, dont il eut plusieurs enfants.

Antoine de Fransures, écuyer, seigneur de Braisnes et de Villers, qui se maria en 1600 avec Catherine Legrand, et en 1613 avec Louise de Verny, dame de Faverolles avec laquelle il eut :

Jacques de Fransures, seigneur de Braisnes et de Villers-Tournelles. Il s’allia en 1679 à Marie de Petiviez de Cuvilly.

De ce mariage vinrent :

Louis-Roger de Fransures, né en 1644,   écuyer, seigneur de Braisnes, dont les armes étaient « d’argent à mi-partie de gueules », supports : deux lions.

La seigneurie de Braisnes fut réunie au duché de Monchy-Humières en 1690.

La paroisse de Braisnes était du bailliage et de l’élection de Compiègne. Elle faisait partie du doyenné de Coudun et du diocèse de Beauvais.

Le titulaire à la cure était nommé par le prieur d’Elincourt Ste Marguerite, qui nommait aussi à la cure de Bois-Aubert, ancienne paroisse détruite, située près de Revennes, et réunie à celle de Braisnes ; mais alternativement avec l’évêque de Beauvais. La paroisse fait partie de la succursale de Baugy.

L’église est sous le vocable de Saint-Etienne, elle fut consacrée le 16 mars 1522 par l’évêque de Riom, Jena des Pleurs, en même temps que celle de Jonquières. Il y avait alors vacance du siège de Beauvais. En effet, François avait nommé Michel de Savoie qui mourut avant d’avoir occupé le siège épiscopal. Le roi, par des lettres datées de Compiègne du 28 novembre 1521, fit part au chapitre de Beauvais du choix qu’il avait fait pour évêque, de son féal cousin, Antoine de Tendes. Comme l’installation du nouvel évêque tardait à se faire et que l’église de Braisnes venait d’être reconstruite, pour ne pas interrompre plus longtemps le service divin, le chapitre délégua l’évêque de Riom pour en faire la consécration.

Cet édifice a dû être rebâti après cette cérémonie, car il n’offre aucun intérêt archéologique.

Le hameau de Revennes, situé sur la rive droite de l’Aronde, compte une dizaine d’habitations. Il y avait un moulin à eau qui appartenait au XVème siècle au sire de Flavy, conseiller du roi.

dépendant du duché d’Humières au XVIème siècle.

 

L’église Saint-Etienne a été détruite au cours des combats des 10 et 11 juin 1918.

Superficie de 253 hectares

 

BRAISNES DANS LES LIVRES…

 

Extrait de « La vallée de l’Aronde » de Marcel Hémery

 

REVENNES

 

Il y avait autrefois à Revennes, sur la rive droite de la rivière, deux moulins, dont l’origine est inconnue. Dans un acte de cession en date du 16 mai 1714 (acte passé devant Maître de Billy, notaire royal à Compiègne. La cession a été faite moyennant la somme de 600 livres) :

« Pierre Grignon, charpentier, demeurant à Moyvillé, a céddé, quitté, transporté et rétrocédé commepar ces présentes il cedde, quitte, transporte sans aucune autre garantie que de ses faits et promesses à Guillaume Maillartd, bourbottier de rivière, et Flourent du Chemin, laboureur, tous deux demeurant à Revennes, à ce présents et acceptant, la jouissance du moulin à drap et du moulin à huille et de languilière estant au clyer desdits moulins scituez audit Revennes sur la rivière d’Aronde et dont la propriété appartient aux dames abbesse et religieuses de l’Abbaye Royalle de Nostre Dame d’Humières ».

« Les preneurs devront payer annuellement la somme de trente livres et de façonner les huilles pour la consommation de ladite abbaye, fouller leurs étoffes gratuitement pendant le mesme temps, de leur fournir la moitié des boures des étoffes qui se fouleront dans ledit moulin ».

 

Celui-ci fut transformé pour « faire de blé farine », probablement à la fin du XVIIIème siècle. La roue motrice, qui avait 4m80 de diamètre et 1m50 de largeur, était actionnée par la petite chute d’eau de l’Aronde, d’une puissance brute de 8CV75. Le moulin de Revennes était réglé par arrêté préfectoral du 12 décembre 1854. A cette époque, il possédait trois paires de meules. Par une annonce parue en 1870 dans un journal à Compiègne, le gérant du moulin, Eugène Baudelet, faisait savoir qu’il était acheteur écus sur toile, de blé, seigle, orge et avoine, et vendait au détail de la farine 1ère, 2ème et 3ème et du gruau de sassage pour pâtisserie ainsi que du son et de la recoupe.

 

INSERTION DU SCHEMA « le moulin de Revennes »

 

En septembre 1901, M. Mennechez, Maire de Braisnes, locataire du moulin de Revennes, prévenait le sous-préfet de Compiègne que depuis trois ans il n’utilisait plus la chute d’eau de cette usine et qu’il désire l’abandonner afin d’être déchargé de l’entretien de la rivière (l’entretien s’étend, en effet, sur 3 256 mères, ce qui est une lourde charge pour le meunier). Sa demande fut rejetée car si le moulin n’existait plus, M. Mennechez l’avait transformé en scierie mécanique actionnée par un moteur à vapeur. Le propriétaire entendait conserver la force motrice de la chute d’eau.

 

Près du moulin, on aperçoit quelques maisons basses construites en pierre et couvertes en tuiles. C’est le petit hameau de Revennes, dépendance de la commune de Coudun.

 

 

BRAISNES

 

Sur le bord opposé de la vallée s’étirent au long de la route de Monchy à Villers les quelques maisons du village de Braisnes. C’est une des plus petites communes du département. Elle n’a en effet que 90 habitants. Entre Monchy et Revennes, le fond de la vallée de l’Aronde est particulièrement tourbeux. Aussi cette richesse naturelle fut-elle exploitée à maintes reprises depuis le XVIIIème siècle, en laissant de bastes trous d’eau très poissonneux.

 

Léré racontait, en 1813, qu’il n’y avait pas plus de trente ans qu’on avait commencé l’extraction de la tourbe dans les marais de Braisnes. A cette époque, la verge de ce terrain humide se vendait plus cher que les bonnes terres, c’est-à-dire de 15 à 18 francs la verge, soit de 1 500 à 1 800 francs l’arpent. Cette tourbe était particulièrement recherchée pour cuire la craie dans les fours à chaux de Monchy et de Baugy. Dans cette partie de la vallée de l’Aronde, l’épaisseur de tourbe varie entre 5 et 6 mètres. Autrefois l’extraction se faisait à la main au moyen d’une grande bêche en fer de forme carrée de trois pouves, ayant un côté recourbé à angle droit. La tourbe ainsi extraite était coupée en petites briquettes placées en légères pyramides à claire-voie sur la prairie voisine pour activer l’évaporation de l’eau et la dessication de la matière. Ce procédé primitif ne donnait de bons résultats que lors des étés particulièrement secs et chauds, car les bas-fonds de la vallée sont trop souvent embués de brouillards épais qui, comme la rosée matinale, sont une gêne considérable pour le séchage de la tourbe, dont la teneur en eau avoisine 90%.

 

L’exploitation des tourbières de Braisnes fut abandonnée à la fin du XIXème siècle, lorsque la construction de la voie ferrée Compiègne-Roye permit au charbon des mines du Nord de venir directement à la gare de Villers-sur-Coudun. Ce n’est qu’en 1917 que cette exploitation fut reprise par M. Germain Boyron, entrepreneur de travaux publics à Compiègne, lorsque la France fut sur le point de manquer de combustibles du fait de l’occupation par les Allemands de nos mines du Nord.

 

L’extraction se faisait sou l’eau au moyen de grands louchets mécaniques mus à l’électricité. La tourbe ainsi extraite était broyée dans les malaxeurs spéciaux, à peu près identiques à ceux dont on se sert en briqueterie. La tourbe se présentait alors sous forme de briques couleur tête de nègre qu’on exposait au soleil pour la sécher.

 

Mais la fin de la guerre ayant permis la récupération de nos mines, l’exploitation de la tourbe comme combustible fut suspendue vers 1921. la Société des Tourbières de l’Oise, dont Braisnes faisait partie, ayant cessé toute activité, la sucrerie Beauchamp de Soissons reprit à son compte l’extraction de la tourbe. Elle l’expédiait par wagon, une fois desséchée, sur Soissons, où celle-ci était mélangée à des sous-produits de distillerie pour servir de véhicule d’engrais vendu sous le nom d’Humengrais.

 

Après quelques années d’activité, la tourbière de Braisnes fut de nouveau abandonnée jusqu’en 1941. L’occupation allemande de la France nous ayant privé du produit de nos mines du Nord, force fut de rouvrir les tourbières et celle de Braisnes fut alors exploitée par la Société des Laminoirs et Tréfileries de Paris jusqu’en 1945.

 

Sur la demande du Maire, un arrêté préfectoral en date du 10 mai 1883 prescrivit le curage sur le territoire de Braisnes de l’Aronde et du fossé des aulnes Bailly. Le projet de curage n’avait pas rencontré d’opposition lors de l’enquête légale, mais le 14 août suivant, Mme Duchemin de Mouchy protestait contre le nettoiement du fossé des aulnes Bailly. Elle déclare d’abord que le fossé en question s’appelle fossé des prés Turpin, puis prétend qu’il est formé en partie d’une ancienne fausse rivière et, sur le reste, d’un fossé creusé de main d’homme pour conduire à l’Aronde les eaux du fossé longeant le chemin n° 73.

 

Ce fossé, objet du litige, est quelquefois désigné dans le pays sou le nom de fossé des prés Turpin, du nom du propriétaire qui l’avait acheté au sieur Bailly, duquel il tenait son véritable nom des « Aulnes Bailly ».

 

Les avis sont du reste très partagés sur son origine et au sein du Conseil municipal de Braisnes on ne s’accorde pas sur la question de savoir s’il est un cours d’eau naturel. Dans ces conditions, le service hydraulique des Ponts et Chaussées estima qu’il serait contraire à l’esprit du législateur de prouver les propositions du curage et qu’il valait mieux abandonner le curage du fossé des Aulnes Bailly que de s’engager dans une affaire qui pourrait aboutir à un excès de pouvoir.

 

La bataille de l’été de 1918 avait laissé le cours de l’Aronde dans sa traversée du territoire de Braisnes, très encombré d’obstacles de toutes sortes. Des peupliers et des branches brisés par les éclats d’obus gisaient un peu partout, arrêtant les herbes folles. Une ancienne passerelle de l’armée française, établie à la limite du parc de l’Abbaye de Monchy et le pont sur pilotis où passait la voie ferrée de 0m60, près du pont de Revennes, ainsi que des arbres, abattus en travers de la rivière pour éviter les chemins et carrefours marmités, n’étaient pas encore enlevés en 1920. aussi l’écoulement des eaux de la rivière se faisait-il difficilement.

 

Le service hydraulique ayant voulu faire effectuer le curage de l’Aronde par M. Lelièvre, locataire de l’ancien moulin de Revennes, malgré les obstacles crées par la bataille, celui-ci se récusa. Il prétexta notamment que des obus, provenant du dépôt de munitions installé par l’Armée dans le marais, avaient été jetés par des malveillants dans la rivière, ce qui risquait d’occasionner de graves accidents aux ouvriers qui seraient chargés du curage.

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